Actualités Sociales de STMicroelectronics
par Le Collectif des salariés de STMicroelectronics en France (CAD-ST)

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PDV5 : mieux vaut attendre le prochain train !

mercredi 26 novembre 2014

C’est à notre sens plutôt un signe positif : d’une part la Direction indique clairement qu’il n’y aura pas de départ contraint et d’autre part les conditions de départ sont tellement nulles qu’elles n’attireront que ceux qui étaient déjà sur le départ.

Quelques détails sur les négociations qui se sont terminées aujourd’hui...

Après deux séances de négociation, signe de l’irrespect régulier de la Direction de ST envers les corps intermédiaires, il n’y a eu quasiment aucune avancée entre le projet soumis au CCE et le projet soumis aux organisations syndicales sous forme d’accord.

Ainsi par rapport aux précédents PDV, sur l’indemnité de base qui est versée pour une embauche dans une autre entreprise avec départ rapide, l’indemnité est entre 3.5 fois plus petite pour les salariés les plus juniors, et 2.5 fois plus petite pour les salariés seniors...
AUSSI MIEUX VAUT ATTENDRE LE PROCHAIN PLAN ou négocier de gré à gré une fois que ce plan sera terminé !

Ainsi un cadre junior touchera entre 15 et 20 000 euros, alors qu’il aurait touché 50 000 euros garantis dans le précédent plan.
De même, un jeune senior touchera très grossièrement 45 000 euros (cela dépend de beaucoup de paramètres) alors qu’il aurait touché dans les 120 000 euros dans les précédents plans.
Ne parlons pas de l’aide au départ en retraite qui parait plus importante mais qui en faite est ridicule par rapport aux précédents plans.
En effet, lorsque ces départs pouvaient se faire sous la forme d’un départ volontaire, vu l’âge et l’expérience des salariés concernés, en plus des préavis et congés de mobilités rallongés, l’indemnité de base se montait alors à des sommes vraiment importantes : souvent plus de 200 000 euros, voire même bien plus pour certains managers.

Ce PDV est vraiment très en-deçà des plans qui se font généralement dans le domaine.

En ce qui concerne le CAD-ST, nous aurions été pour des indemnités un peu plus élevées mais surtout avec un vrai mécanisme de corde de rappel. En effet, on sait que 40% des projets sont en général des créations d’entreprise et que les 2/3 échoueront dans les 4 ans qui viennent.

Pour sécuriser réellement les parcours professionnels, il aurait été mieux de prévoir un PDV sur 200 postes avec une corde de rappel pour 50 salariés (soit environ les 2/3 de 40%), plutôt qu’un PDV à 150 qui mettra à terme au chômage 30 à 40 personnes.

Les avancées obtenues pendant les négociations sont très anecdotiques :
- l’aide au double logement est augmentée de 200 euros (pour les mobilités)
- l’indemnité pour départ rapide est augmentée de 2000 euros si le départ est très très rapide mais reste très faible par rapport au précédent plan (qui était le meilleur entre 4 mois et 20 000 euros)
- légère amélioration de l’aide au nouvel employeur
- et les OS signataires pourront faire partie des commissions

Ce dernier point est hallucinant car c’est une vraie régression sociale que la Direction déguise en ayant mis dans son projet initial présenté au CCE qu’aucun représentant du personnel ne ferait parti de ces commissions.

C’est oublier un peu vite deux points primordiaux :
- la possibilité de participer à ces commissions est confisquée aux syndicats qui refusent de cautionner ce PDV en le signant même s’ils sont représentatifs !!! (c’est clairement du chantage)
- et c’est une représentation bien inférieure à ce qui avait été obtenue (par l’un de vos serviteurs actuellement au CAD-ST après saisie de l’inspection du travail !) : c’est à dire que chaque CE local légitimement élu par les salariés et concernés par ce PDV puisse désigner ses propres représentants. Les représentants des syndicats devraient être prévues en plus de celles des élus des salariés !

Le CAD-ST qui est présent sur au moins 2 des 4 sites concernés et qui est déjà représentatif sur l’un d’eux (le seul qui a eu des élections), devra rendre un avis à la Direction du Travail sur ce plan.

Cet avis sera certainement très sévère avec probablement une demande d’invalidation du plan si les représentants des CE ne sont pas présents dans les commissions de ce PDV (accord ou pas accord).

Pour finir voici l’avis très intéressant de la CFDT rendu au terme de ces négociations et qui est dans la ligne des messages portées par l’intersyndicale CAD-ST, CFDT et CGT lors de la rencontre la semaine dernière avec les ministères de l’économie, de l’industrie et du travail :

Pour la CFDT, ce PDVMI est plus la conséquence de dysfonctionnements organisationnels ou structurels profonds que d’une problématique conjoncturelle et « passagère ». Ce plan est une réponse possible à l’amélioration des indicateurs financiers qui stagnent, voire se dégradent d’exercice en exercice (marge brute, parts de marché, chiffre d’affaires, ranking mondial, retard produits et plans de charge, etc.). Nous constatons qu’il s’inscrit dans la continuité d’une logique de réduction de coût permanente, de plans d’économie successifs dont la finalité vise à gérer surtout le court terme et donc la logique des rendements (sous la pression de l’actionnariat) poussent à considérer l’entreprise comme un produit.

La CFDT appelle le TOP Management à changer de philosophie. Nous interpellons l’entreprise afin d’adresser et de régler les vraies problématiques, c’est-à-dire ses méthodes de marketing (dont les audits récents pointent les faiblesses) et créer au plus haut niveau un management projet en capacité d’arbitrer les stratégies. En effet, les experts montrent du doigt notre fonctionnement trop en silo (que ce soit sur nos segments ou l’organisation des divisions à l’intérieur de ses segments). L’autonomie permet l’agilité, elle est une réponse efficace à la complexité des marchés. Toutefois, sans coordination d’ensemble ceci peut conduire à limiter les ambitions de l’entreprise et freiner son développement.

Les élus CFDT préconisent donc le démarrage d’une réflexion autour d’une structure capable de piloter et orienter les ressources transversales, optimiser les synergies et coopérations inter-équipes, une structure légitime encore pour créer une vision partagée de tous afin de répondre aux enjeux de demain.

En conclusion, nous considérons que ce ne sont pas les effectifs qu’il faille ajuster, mais que l’organisation est à repenser. Les managers doivent insuffler du sens à l’action et de la fierté dans le travail. La CFDT entend le malaise des équipes, leurs difficultés et incompréhensions concernant les choix qui peuvent être faits. La compagnie doit apprendre à écouter ses collaborateurs ce qui permettrait d’envisager des ajustements organisationnels adaptés et certainement surprenants. ST peut et doit jouer la carte du développement créatif du savoir de chacun, ne plus voir ses salariés comme une seule force de production et d’exécution, mais comme une force d’intelligence collective ! Le défi est de répondre aux besoins futurs du marché, au bon moment, et avec les bonnes spécifications produits. Est-ce à ce prix que l’Europe, et plus particulièrement la France, renforceront leur souveraineté et l’aura industrielle indispensable à nos territoires ?

La CGT a aussi fait des remarques intéressantes :

Avec ce PDV, ST fait là une annonce vers les marchés financiers en supprimant 5% des effectifs d’EPS, alors que ST devrait investir plutôt que de verser des dividendes (360M$ en 2013).

La CGT est en désaccord avec l’objectif de réduction d’emplois chez EPS obtenu par le biais du PDV pour la France. Il faut au contraire embaucher des jeunes pour atteindre les objectifs fixés dans le numérique et pour innover à ST.
La CGT ne trouve pas normal que les syndicats soient appelés à négocier des mesures décidées par la seule direction et dont cette dernière garde l’entier contrôle.

Par contre deux points sont importants :
- celui sur la portabilité : l’entreprise doit prendre en charge la portabilité des personnes qu’elle fait partir, (Frais de Santé, et Prévoyance après le 15/6/2015)
- il faut aussi être vigilant sur le risque qu’on veuille forcer la main à des salariés.
Ce risque est réel, d’autant que ce PDV a remplacé, sur pression des pouvoirs publics, un plan de suppression d’emplois ciblé. Donc il est clair que les anciennes "cibles" risquent d’être visées.

Les syndicats feront part ce vendredi lors d’une séance spéciale de leur volonté d’adhérer ou pas à ce plan.

La CFE-CGC et l’UNSa ont d’ores et déjà rendu un avis positif lors de la séance de ce jour.

Le détail des mesures finales sur nos listes de diffusion dès que confirmées en CCE (http://lists.cad-st.org).

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